Yona Elig
Oeuvres de l'artiste
Yona Elig
Biographie
Yona Elig a passé la majeure partie de sa vie professionnelle en tant que graphiste, travaillant avec des images, de la structure et de l’équilibre visuel. Lorsqu’il a pris sa retraite, un Leica a marqué le début de sa pratique photographique. Ce n’était pas un saut dans le vide, c’était une extension naturelle. « La photographie est devenue une extension naturelle de ma pratique du design. »
Au fil du temps, son approche a évolué vers la lumière, l’atmosphère et la discrétion. Ses outils sont devenus plus légers et plus silencieux, le Ricoh GR III et souvent simplement son téléphone, pour se déplacer librement et passer inaperçu. Elle vit en Europe et voyage fréquemment, attirée par les villes et les lieux quotidiens plutôt que par les destinations. Cafés, musées, rues, intérieurs où la vie se déroule sans spectacle.
« Je suis assez timide par nature, un peu solitaire, et j’apprécie la liberté d’observer sans interruption. » Une phrase qui explique tout et que l’on voit directement dans ses images.
La postproduction est une partie importante du travail de Yona. Non pas comme une correction mais comme une continuation, un espace où la photographie et le design se rencontrent et expérimentent ensemble. « J’aime passer du temps à façonner les images, à mélanger la photographie et le design et à expérimenter le langage visuel. »
Il me semble que c’est la créatrice qui n’a jamais cessé de l’être, elle a juste trouvé une nouvelle façon de s’exprimer.
Il y a quelque chose dans la façon de travailler de Yona que je trouve très intelligente, même si je pense qu’elle ne la vit pas comme une stratégie mais simplement comme sa façon d’être. Elle retourne dans les mêmes endroits, cafés, musées, intérieurs, encore et encore.Et à son retour, elle devient une habituée, quelqu’un de familier, dans une partie du paysage. Les gens arrêtent de la remarquer. Et c’est alors que ses photos deviennent réelles. Pas capturé, mais plutôt trouvé.
Yona ne me mentionne pas d’influences directes. Et peut-être que cela dit aussi quelque chose sur elle, une femme qui a construit son regard à partir d’elle-même, de décennies de travail avec l’image, la couleur et la lumière en tant que designer, à partir de sa propre façon de voir le monde.
Ce que l’on voit clairement sur ses photographies, c’est une relation profonde avec la peinture. Cette lumière chaude et enveloppante, ces intérieurs où la vie se déroule sans spectacle, cette atmosphère entre le réel et le légèrement irréel, me rappellent, et je le dis avec beaucoup de prudence parce que ce n’est que ma lecture, quelque chose entre Vermeer et Hopper. Cette lumière qui semble venir de l’intérieur de la scène, cette solitude, ce temps suspendu.
MÓNICA MOLINA











